Dimanche 8 mars 2009, j’en étais

Il porte le numéro 24583, il est vert. L’objectif officiel est fixé à 2 heures. L’objectif secret lui tourne autour d’1h50.

Sportifs mais pas adeptes effrenés de la course à pieds nous décidons dans le courant du mois d’octobre dernier,avec des amis, de « prendre un dossard » pour le semi-marathon de Paris qui a lieu 4 mois plus tard. Pour le fun, comme on dit. On se dit alors qu’on a le temps de voir venir. Les 58 pulsations minutes enregistrées au repos dans le cabinet du médecin qui tamponne mon certificat confirment que je ne suis pas qu’un sportif du dimanche qui attend sagement stade2 sur son canapé défoncé (le canapé).

La vraie préparation intervient à la mi-janvier, on a fait plus sérieux, après que les fêtes, la grippe et la célèbre gastro-entérite soient chacune à leur façon venues apporter leur grain de sel. Alors que c’est de sucre qu’un coureur de fond doit se ravitailler. ça semble court, mais à raison de 2 séances hebdomadaires, une longue le week-end, 1h45 et une plus courte en semaine après le boulot, 45 minutes environ, je suis plein d’espoir quant à l’atteinte de mon objectif secret. Des douleurs au mollet droit non identifiées viennent ternir le tableau, assombrir le mental et me rappeler que mal pratiquée, la course à pieds reste un sport ingrat pour l’organisme. Qu’à cela ne tienne, je serrerai les dents le jour J.

A J-1 j’emmène mon collègue de fortune au parc floral pour le retrait du fameux dossard qui vient concrétiser toutes ces semaines d’entrainement. Nous faisons connaissance avec l’organisation très huilée d’un tel événement. Tout se déroule à merveille. A première vue les bénévoles font un boulot formidable. Le lendemain viendra confirmer cette agréable impression.

A 7 heures le jour J, le réveil nous tire d’un sommeil préparateur (!). J’ai couru deux fois la course dans la nuit et raté le départ dans la troisième version. Un honteux petit déjeuner très léger ne nuira finalement pas à la performance. Tout se déroule idéalement jusqu’à l’entrée dans le SAS de départ alors que notre principale source de stress venait de la méconnaissance de l’événement en termes d’organisation.

Le temps n’est pas au beau fixe, il y a peu de chance d’échapper à des averses matinales nous ont prévenu les prévisionnistes météo. On aurait aimé qu’ils se trompent comme ils en ont parfois l’habitude. A 45 minutes du départ, nous voilà parqués dans la zone de départ et surtout dans le froid. L’ambiance est détendue, les concurrents se parlent. A 10h08, la puce fixée à mon lacet droit déclenche le chronomètrage officiel au passage de la ligne de départ. Les premiers sont déjà loin ! Dès le départ un mélange d’excitation et de peur de l’inconnu me parcourent l’échine. Les 2 heures à venir s’annoncent palpitantes dans tous les sens du terme. En bon parisien, je connais presque chaque recoin du parcours et me délecte de parader dans les rues de Paris dès que le périphérique est franchi une première fois. Nous sommes 4 à courir ensemble, le niveau est homogène et notre gestion des 10 premiers kilomètres exemplaire.

A ce moment là, le plaisir ressenti surpasse la souffrance, qui reste à venir avec les averses qui, comme prévu, s’abattent sur l’énorme peloton de plusieurs milliers de coureurs. Quand arrive la côte de Gravelle je suis bien, j’ai presque l’impression de voler, si tant est qu’à 12 kilomètres/heure on puisse décoller… Les choses évoluent nettement au 15ème kilomètre, qui constitue pour moi la frontière de l’inconnu. Mon mollet choisit ce moment pour se rappeler à mon bon souvenir. Je décide de n’y prêter aucune attention. Notre petit groupe se délite, chacun trouve son rythme de course optimal pour affronter les derniers kilomètres.

L’approche de l’arrivée par le bois de Vincennes me semble interminable. Je passe malheureusement au travers des dispositifs des photographes qui mitraillent un maximum de concurrents. J’essaie de savourer les derniers hectomètres. Le public présent en masse donne envie d’allonger, dans la mesure du possible, une foulée qui aurait tendance à s’affaisser depuis déjà 2 ou 3 kilomètres. Le passage de la ligne d’arrivée est teinté du soulagement de la mission accomplie, mêlé à la déception d’en avoir déjà terminé. si si. Mon temps officiel sera de 1h48m20s. J’ai couru ce premier semi en léger negative split, qui me laisse penser qu’avec une préparation plus appropriée, une éventuelle prochaine participation pourrait être créditée d’un meilleur chrono. Mais chaque chose en son temps. Je vais déjà apprécier d’avoir couru l’édition 2009 qui restera gravée dans ma mémoire de modeste sportif.

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