Comme les kenyans en Galilée

Dans quelques jours sera célébré l’anniversaire de la naissance de Jésus. On n’a jamais trop su si cette dernière était arrivée à Bethléem ou à Nazareth mais une chose est sûre, quand Jésus prit la route de Jérusalem, il n’avait pas 42.195 km à effectuer. Et c’est dommage qu’il ne soit plus parmi nous aujourd’hui car il aurait eu l’occasion de participer le 25 mars 2011 au premier marathon international de Jérusalem

Malheureusement les choses ne seront peut être pas si simples. L’absence de Jésus au départ de la course est une certitude ! En revanche depuis quelques jours, la tenue du marathon est quelque peu remise en jeu pour des raisons (sans surprise) politiques.

Deux marathons existent déjà en Israël. L’un se déroule à Tel-Aviv, l’autre à Tibériade. C’est fin 2009 que la municipalité de Jérusalem annonce qu’un marathon va  être organisé dans la ville. Le projet tient à son maire (de droite), Nir Barkat, lui-même marathonien et partisan de la continuité territoriale.

Mais depuis cette semaine, nous assistons à une levée de boucliers dans l’opposition. Trois conseillers du parti de gauche Meretz (« deux peuples, deux états ») ont fait parvenir une lettre à Adidas, principal sponsor de l’épreuve pour dénoncer le fait que

« le parcours passe par des secteurs de Jérusalem-Est qui sont considérés comme des territoires occupés par la communauté internationale et par nous ».

Et que

« Nous vous encourageons fortement à vous joindre à notre demande pour que le parcours suive les frontières de Jérusalem avant 1967 jusqu’à ce que la question épineuse des frontières de la ville soit réglée, dans le cadre d’un accord international. (…). Telle que la manifestation est actuellement prévue, nous pensons que le soutien de qui que ce soit – le vôtre ou celui de quelqu’un d’autre – est une grave erreur et encourage la violation du droit international ».

Evidemment Adidas se défend de vouloir exercer quelqu’influence politique que ce soit en prenant les rênes du sponsoring de ce marathon. Espérons que tout ce petit monde arrive à trouver un terrain d’entente. On a souvent eu la preuve que le sport était un formidable moyen de rassembler les gens. Alors même si le succès d’une telle épreuve ne résoudra certainement pas le conflit israélo-palestinien, gageons qu’il ne pourra pas faire de mal à cette partie du monde où règne la violence depuis déjà trop longtemps.

5 réflexions sur “Comme les kenyans en Galilée

  1. Je suis complètement d’accord avec toi. Grâce au sport, il est possible de faire baisser les barrières (sociales, ethniques, politiques, et même parfois religieuses (combien de courses on lieu le dimanche ?? Par contre, le vendredi, c’est beaucoup plus rare !).
    L’esprit sportif c’est de rassembler les personnes sans se soucier de leurs différences, tous uni, autour d’un même effort.
    Et, sur les 42,195 km, chacun pourrait mettre en avant son quartier en le décorant au mieux, créant ainsi une vraie ambiance festive autour du sport !

  2. Ce qui serait encore mieux (rêvons un peu) c’est que l’épreuve soit organisée par les israéliens et les palestiniens et que le parcours ne se préoccupe pas de frontières…
    Mais c’est manifestement trot tôt :(
    Par contre les organisateurs ont acheté un paquet d’espaces publicitaires sur le web…

  3. Cette histoire me donne beaucoup à penser… Mais le sport n’est pas toujours synonyme de rapprochement entre les peuples ou de paix. Entre l’ « Olympic project for human rights » de 1968 et le « Deutscher Reichsbund für Leibesübungen » de 1936, il y a un monde !

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