Ma première corridhouilles

Sammy Kipketer, Khalid Skah, Haile Gebreselassie, Paul Arpin, Jacky Boxberger…le décor est planté. Cette liste de noms illustres est juste un extrait du palmarès de la corrida internationale de Houilles. Cette année l’armée kenyanne s’est fait ravir la victoire par l’éthiopien Imane Merga qui s’offre le luxe de battre le record de l’épreuve en 27’47 ». Pas moins de trois coureurs terminent la course des As en moins de 28′, deux heures après que j’aie modestement pris part à la course populaire.

NDLR: J’avoue avoir été tenté par un récit truffé de calembours à base de mots en ouille et puis je me suis ravisé pour ne pas faire de cette note une ratatouille indigeste…

La veille de l’épreuve, en apprenant que Laurent Jalabert était le parrain exceptionnel de cette 39ème édition, j’avais décidé que j’allais remporter la course pour avoir l’insigne honneur de lui serrer la louche lorsqu’il me remettrait le trophée sur le podium. Je savais dès lors qu’il allait falloir boucler les deux tours du circuit en 21 minutes environ. Et malheureusement en course à pied ça marche pas comme à la fac’. Autant réussir ses examens en révisant la nuit précédente était réalisable (!), autant gagner cinq minutes sur sept kilomètres du jour au lendemain m’a paru compromis. Tant pis pour Laurent Jalabert donc !

Comme ceux d’Issy-les-Moulineaux pour la corrida de Noël, les organisateurs des courses d’hier peuvent remercier les dieux de la météo (j’ignore qui ils sont mais il ne s’agit ni de Laurent Romejko ni de Laurent Cabrol qui annonçaient depuis quelques jours des températures polaires pour ce dimanche) qui ont épargné l’événement de leur courroux. La température était certes frisquette, mais de saison il me semble.

la course populaire est longue de 6 kilomètres et 900 mètres. Une sorte de long sprint, d’effort violent accompagné de cette sensation de trouille au départ face à la douleur qui va inévitablement et très sournoisement surgir avant même la fin du premier kilomètre. Il est donc fortement recommandé de se placer dans le sas de départ après avoir pris soin d’échauffer et d’étirer conscencieusement muscles et tendons et d’avoir fait monter le palpitant dans les tours pour éviter toute mauvaise surprise.

Le départ est donné et comme prévu, rapidement ça fait mal.

A la relance

Pas de stratégie à mettre en place.

Foncer.
M’accrocher aux basques du dossard qui me précède dès que le peloton s’étire.
Prendre conscience des encouragements lâchés par des inconnus depuis le bord de la route.
Ignorer cette foutue douleur que je connais bien et avec laquelle il faudra composer jusqu’à la fin.
Bien négocier tous les virages de ce tourniquet urbain et les relances qu’ils impliquent.
Me nourrir des encouragements bruyants de mes proches au premier passage sur la ligne pour maintenir la cadence.
Respirer.
Gérer correctement le deuxième et dernier passage dans ce vilain faux plat d’une bonne centaine de mètres.
Relayer, tant que faire se peut, mes compagnons de course anonymes.
Filer à plus de 15km/h vers l’arrivée et faire fi de ce goût de sang qui s’immisce au fond de ma gorge.
Arrêter mon chrono en franchissant la ligne.
Tout ça en 26 minutes et 1 seconde, temps officiel pour une 64ème place très honorable. 26 minutes de plaisir pour quelques unes de souffrance. On r’met ça ?

Plus vite !

18 réflexions sur “Ma première corridhouilles

    1. Merci. J’ai voulu traduire cette course courte et rapide par des phrases brèves et peu construites. Pour voir si le lecteur finirait aussi essoufflé que moi franchissant la ligne d’arrivée. Plus facile à dire qu’à faire :-)

  1. Superbe récit qui retranscrit très bien la façon de pensée durant les courses !
    Et quel temps ! impressionnant !! au 5° km, je note une petite baisse de régime, tu t’es arrêté pour signer des autographes ?? ;-)
    3’40 au kilo, cela me laisse pantois !! Chapeau !

    1. Excellente remarque ! J’estime que je perds 10 à 15 secondes dans le 2ème passage de ce que j’ai appelé faux plat mais qui pourrait être nommé côte :-)
      Au premier passage cette côte intervient dans le premier kilo et s’avale donc très vite. Je pense que sur la course des as (10km) qui compte une boucle de plus le troisième passage doit être un vrai calvaire !

  2. Bravo à toi, bon chrono et belle place à cette corrida qui fut trés belle.
    En effet la troisième boucle et le passage de cette petite côte est assez difficile, la première passe toute seule, mais les deux suivantes sont trés dur pour les jambes.

    1. Merci ! La course des as a vraiment été extraordinaire ! J’ai vu que tu avais réalisé un chrono dans les 37′, tu espérais mieux ou tu es satisfait ?

      1. Oui 37’05 » mais bon etant donné le parcours pas facile ça vaut bien 30″ de moins, j’ai pas trop perdu, ça fait quelques semaines que je ne cours plus trop, j’espère reprendre sérieusement aprés les fêtes pour l’instant c’est pas facile, le plan marathon va m’obliger à sortir.

    1. tout est relatif comme on dit. quand je me livre à ce genre d’effort j’ai effectivement cette impression de sprinter du début à la fin, mais quand on voit les gars qui courent à 21 km/h…
      bon réveillon !

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