Un marathon en mode supporter

A voir tous ces visages de coureurs marqués par l’effort à peine accompli dans l’aire d’arrivée, mais aussi souvent empreints de l’émotion parfois plus que palpable du finisher j’ai eu un pincement au cœur de ne pas faire partie du cortège des 35000 participants au marathon de Paris en 2011. Mais endosser la panoplie de supporter-photographe et profiter de l’ambiance particulière des rues de Paris un jour de marathon peut procurer une émotion certaine, et ce n’est pas Virginie qui me contredira.

Se lever dès potron-minet un jour de course où l’on ne court pas pourrait sembler quelque peu absurde mais les marathoniens de la runnosphère méritaient bien ça. C’est donc presque à l’aube que je retrouve Salvio au pied de l’ange de la Bastille. Il est à peine 8h30, soit cinq minutes avant le départ de la catégorie handisport et quinze avant que la meute tout entière ne soit lâchée à l’assaut du bitume parisien déjà bien échauffé pour un matin d’avril. C’est une évidence, les coureurs vont devoir composer avec la chaleur. Mais pas l’élite qui elle aura bouclé le parcours bien avant que le soleil n’ait atteint son zénith.

Virginie en plein effort

A peine le temps de deviser et d’émettre des pronostics sur les temps de chacun que Virginie traverse en trombe sur son bolide la place de la Bastille pour aller se positionner au kilomètre huit et attendre le passage de David. Elle est suivie d’assez près par les coureurs handisport non-voyant puis par les athlètes en fauteuil, très rapides avec leur matériel de pointe. Le mitraillage en règle a commencé !

Course en fauteuil

Le vainqueur dans la catégorie des non-voyants a eu l'honneur d'une arrivée télévisée en direct !

L’avant-garde de la course ne tarde pas. Le peloton de tête est encore conséquent. Il faut dire que le premier passage à Bastille se situe au kilomètre cinq et est l’occasion d’un premier ravitaillement pour certains. Après le passage des cadors, nous restons à l’affût de la vague de coureurs partis pour réaliser un temps de 3 heures dans laquelle nous espérons apercevoir David et Franck (l’invité surprise). Nous manquerons ce dernier et David sera plus prompt que nous puisque c’est lui qui nous repère sur le bas côté. Par chance il a choisi de passer au bon endroit. Nous lui adressons sans doute les premiers encouragements qu’il recevra des supporters de la runnosphère. Nous restons postés à Bastille encore quelques dizaines de minutes le temps que le cortège de la course devienne un flot impressionnant et très dense de coureurs qui ont encore plus de 37 kilomètres à parcourir à cet instant là.

Puis nous déguerpissons en descendant le boulevard Henri IV pour rejoindre le quai des célestins à 500 mètres de là. Nous nous plaçons à un nouveau poste de ravitaillement, celui du 25ème kilomètre. L’emplacement est intéressant pour le photographe que j’essaie d’être.

Cette fois-ci le peloton de tête n’en est plus vraiment un. De petits groupes se sont constitués. Certains concurrents se sont même arrêtés depuis le premier passage à Bastille. Le mitraillage continue, je m’amuse bien. Puis, selon nos estimations, David doit être dans les parages. Ça y est, casquette jaune en vue ! Il choisit à nouveau le bon côté de la route et j’ai cette fois le temps d’immortaliser son passage puis de lui crier quelque encouragement. Il passe devant les meneurs d’allure des 3 heures. C’est très bon signe. Il semble un peu entamé, mais rien d’inquiétant alors que la mi-course est déjà derrière lui.

Nous restons encore de longues minutes quai des célestins, le temps de constater les dégâts provoqués par les 20 kilomètres parcourus depuis le passage à Bastille au 5ème kilomètre. Certains visages paraissent sereins, d’autres plus inquiets. La route est encore longue et le parcours réserve quelques difficultés avant les derniers kilomètres du bois de Boulogne. Nous n’arrivons pas à repérer les autres marathoniens que nous sommes venus encourager. Il est déjà temps d’emprunter le métro pour rallier l’avenue Foch et sa ligne d’arrivée. Nous y arrivons juste après que Kiptoo l’ait franchie en vainqueur. Ces kenyans sont diablement rapides ! Commence alors l’attente de nos héros du jour. Placés à la sortie de l’aire réservée aux coureurs, j’ai la chance de croiser Jean-Baptiste pour la première fois. Il vient d’atteindre l’objectif qu’il s’était fixé en terminant son marathon en 2h57’. Puis David ne tarde pas et nous annonce fièrement un ‘59’ avouant que les douze derniers kilomètres auront été très pénibles.

Franck et Mathes rejoignent rapidement le petit groupe avec dans la poche un chrono de 3h09’. A l’ ‘économie’ pour le premier, plus difficilement pour le second qui réalise une énorme performance pour son premier marathon.

L’heure tourne, le soleil tape et la foule se densifie. Nous nous éclipsons sans pouvoir féliciter de visu Greg (3h55’) Sébastien (4h18’) et Grego & Giao les petits nouveaux de la runnosphère. Ni même Nicolas, Clara et Maya, autres supporters modèles du jour. Une édition du marathon de Paris qui restera définitivement à ranger au rayon des excellents souvenirs et qui donne rudement envie de remonter sur cette distance très vite.

10 réflexions sur “Un marathon en mode supporter

  1. Je vois que tu t’es également fait plaisir en passant ainsi de l’autre coté de la « barrière » !! Même en mode supporter, j’ai adoré prendre part de cette façon à la course.

  2. Très joli compte rendu, que ce soit du coté du texte où de celui des photos.
    J’aime bien les 2 japonais, et aussi celle de la groupie en vélo, cardio au poignet !
    Je n’avais pas prévu d’épingler ce dossard du marathon, et du coup je partage ce mélange d’émotions et de fourmis dans les jambes…

  3. Super sympa d’être venus nous encourager, même si, finalement, nous ne nous sommes pas vus. Pourtant, ce n’es pas faute d’avoir guetté les membres de la Runnosphère parmi la foule. Mais la densité des supporters (et le fait de courir sans mes lunettes de vue aussi) m’a empêché de vous retrouver. Mais où étais tu, Charlie?…

  4. Oui ce n’est pas facile de trouver des visages connus parmi cette foule de coureurs.
    En tous cas j’étais bien contente d’être de l’autre côté, entre la chaleur et tous ces coureurs, je ne regrette pas de ne plus participer à ce marathon ;)

  5. Et oui comme tu dis ,c’est très émouvant d’être de l’autre coté de la barrière ! Et je ne regrette pas ! J’espère que le prochain sera pour nous une participation avec dossard ( je ne promet pas de passer la bastille aussi vite !)
    Excellent article et les photos sont sublimes !

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