Paris-Versailles 2011 m’a mis la fièvre !

Je n’ai jamais vraiment aimé ce proverbe qui prétend que le malheur des uns fait le bonheur des autres. Mais dans le cadre de la 34ème édition du Paris-Versailles qui se courait ce week-end sous un grand soleil, je suis au regret d’admettre que pour ma première participation à cette grande classique, la malheureuse blessure de Franck, qui l’a laissé sur la touche pour cette course, m’a offert un meneur de luxe en la personne de David, alias RunMyGeek. Retour sur une formidable matinée en compagnie de la runnosphère.

Sur le chemin qui me mènera sur la ligne de départ du marathon de Vincennes à la fin du mois d’octobre,  j’avais coché d’une grosse croix rouge ce dimanche 25 septembre 2011 et l’attendait avec une impatience non feinte. Partir de la ville que j’habite pour rejoindre celle où je suis né prenait dans mon esprit des allures pèlerinage voire de retour aux sources. Avoir en plus l’occasion de partager ce moment avec des fondus de course à pied et dans des conditions exceptionnelles du départ à l’arrivée parachevait l’événement. C’est en effet par l’entremise de Clara, bénévole lors de l’édition précédente, que la runnosphère a eu la chance de faire partie de la première d’une soixantaine de vagues de 300 à 400 coureurs à s’élancer, juste derrière l’élite. Il va sans dire que ça change beaucoup de choses et chacun dans notre petit groupe a su apprécier ce privilège à sa juste valeur.

Pour toutes ces raisons, j’avais l’irrépressible envie de figurer le mieux possible dans cette course pour laquelle j’avais à cœur de mêler plaisir et performance. Malheureusement la semaine qui précéda la course se révéla assez terne en couleurs. L’apparition d’une douleur au pied, un début de démotivation puis finalement un mal de gorge annonciateur d’un état général plutôt fébrile à la veille de l’événement, allaient faire apparaitre un début d’inquiétude. Dimanche au réveil, un pouls au repos bien plus élevé qu’à l’accoutumée confirmait que je n’étais pas dans les meilleures dispositions et qu’il allait falloir lutter sérieusement. Mais après tout, c’est précisément pour cette raison que j’aime prendre part à des compétitions de course à pied. Sur le chemin vers la tour Eiffel, en compagnie de Salvio le soleil printanier puis les retrouvailles avec la runnosphère ont vite raison de mes tracas. L’ambiance détendue et la bonne humeur qui règne  à quelques minutes du départ préfigurent déjà d’une belle matinée. A ce moment là je suis serein, j’ai confiance en moi et en David qui ne me quittera pas d’une semelle du départ à l’arrivée.

L’absence de Franck qui affichait de sérieuses ambitions sur ce Paris-Versailles, annonçant qu’il voulait se rapprocher tout près des 60 minutes, avait privé David de son acolyte de VMA supersonique. Dès lors, David qui se consacre quasi exclusivement au trail et au triathlon depuis quelques mois et qui n’avait plus pris part à une épreuve sur route depuis son excellent marathon de Paris, proposa quelques jours avant la course à ceux qui le voudraient/pourraient de mener un train de 14km/h. Une aubaine en or pour moi qui visais peu ou prou cette allure que je commence à maîtriser sur semi-marathon. Je savais que la présence de David à mes côtés allait me faciliter la tache. D’autant plus que sa connaissance des difficultés du parcours allait combler mes lacunes en la matière.

Tandis que l’élite s’envole et avale le premier kilomètre en moins de 3 minutes, nous slalomons pendant quelques centaines de mètres et très rapidement la route se dégage, le trafic se fluidifie. J’imprime un rythme plus élevé que celui initialement prévu,  d’environ 4 minutes au kilomètre. David vérifie que je ne présume pas trop de mes forces mais je le rassure, je suis bien. Il prend alors le relais et maintient cette allure quasi constante sur cette longue ligne droite monotone de 6 kilomètres qui nous mène au pied de la grosse difficulté du jour.

Derniers efforts

Un virage à gauche et les choses sérieuses peuvent alors commencer. La route s’élève brutalement et je découvre la côte des gardes. Je suis surpris par le pourcentage et peste un peu. J’annonce à David que je vais « monter au cardio » (que je ne possède pas) en me focalisant plus sur mes pulsations cardiaques que sur l’allure qui baisse logiquement à un peu plus de 4’30 ». David est à l’aise. Grâce à son nouveau terrain de jeu et aux trails exigeants auxquels il participe il est en passe de devenir un as du D+. Je m’accroche et profite de ses premiers encouragements. La dernière portion de la côte est pénible mais les 2 kilomètres d’ascension se passent bien, David me rassure sur l’allure qui est restée correcte et nous profitions du replat pour relancer progressivement et nous rapprocher de l’allure cible. Les kilomètres 10, 11, 12 sont courus en moins de 4’10 » et je profite des parties descendantes pour calmer le cœur sans toutefois pouvoir lâcher les chevaux. Je sens bien que la côte a laissé des traces et je veux garder des forces pour le final et l’interminable avenue de Paris que je connais. La côte du cimetière est avalée sans encombre et au ravitaillement du 13ème kilomètre mon meneur de luxe m’épargne tout effort superflu en se chargeant d’attraper une bouteille d’eau pour moi. Il est aux petits soins avant de m’exhorter quelques instants plus tard à produire l’effort ultime sur les 1500 derniers mètres. Nous sommes entrés dans Versailles. Je coince un peu mais trouve encore les forces de courir le 15ème kilomètre en 4’. Le dernier me parait interminable, les jambes brûlent, le cœur explose, l’allure baisse. Il était temps d’en terminer. Derrière les barrières, Shuseth , photographe d’un jour immortalise ma souffrance. Je franchis la ligne, coupe le chronomètre qui affiche 1h08’11 »  (Le diplôme) et remercie chaleureusement David qui a été parfait dans son rôle.

shot by Shuseth

Assez vite nous sommes rejoints par nos amis qui nous annoncent une flopée de temps inférieurs à 1h20. 1h13’, 1h15’, 1h17’. D’autres en un peu plus d’1h20’. Puis les filles en moins d’1h40’. Le niveau de la runnosphère est relevé !

La suite de la journée a consisté en un laborieux retour sur la capitale en RER puis une fin d’après-midi au fond du lit avec un petit 39° de fièvre, incapable d’avaler mon repas pourtant bien mérité.

Ils étaient aussi dans la course (to be updated…) :

35 réflexions sur “Paris-Versailles 2011 m’a mis la fièvre !

  1. Super perf pour un état vraiment passable, double félicitations! C’est vrai qu’en regardant le classement provisoire je suis finalement content de mon 1h23 pourtant bien modeste dans le groupe.
    Bravo pour ton chrono ! Dossard préférentiel l’an prochain?
    Et merci pour ce CR. Super agréable a lire (as usual…)

  2. Bravo! L’année prochaine, tu pourras peut-être défier David et Franck et faire le PV en 1h, vu le temps que tu as fait en n’étant pas en grande forme…
    En tout cas, bravo à vous tous, c’est une chouette équipe!
    Repose toi bien et reviens vite en pleine forme.

  3. + 1 avec Greg Runner, pourquoi pas -1heure l’année prochaine, en tout cas sa sera mon objectif.

    Au plaisir de tous vous revoir au 20 km de Paris, ma reprise aprés ces longue vacances avec objectif de me rapprocher de mon record de l’année dernière -1h14.

  4. Te relire me relance tout un flot de souvenirs dans ma tête ! Faut vite que je commets tout cela sur papier ;-) La photo de Shuseth est absolument parfaite, pour démontrer ton état à l’arrivée ! Je n’avais plus le jus pour accélérer à la fin ;-)

  5. comme prévu les fusées ont encore fait parler la poudre !
    J’ai bien essayé de vous suivre au départ. J’ai tenu 500m ; après un coup d’oeil rapide sur le compte tour plus proche des 4’00 que des 4’10 – 4’15 prévues…
    Les quelques microbes (transmis par Virginie, qui les aurait transmis à son coach qui se faisant lièvre te les aurait transmis…?) ont vraisemblablement bien chauffé les cuisses pour avaler la côte des gardes et les montagnes russes qui suivaient…

    Bravo pour cette belle perf et ce texte encore une fois bien agréable à lire.

  6. Merci à tous. Julien, je suis vraiment confus que le départ se soit passé à une allure plus élevée que celle qui avait été évoquée. J’ai pris cette mauvaise habitude avec tous les 10km courus au printemps et en plus j’ai été surpris par le départ canon de David L. David, l’autre, m’a emboîté la foulée. On s’est retourné après 2 bornes pour voir si certains n’étaient pas trop loin et ne reconnaissant personne on a poursuivi sur le même rythme. Ta gestion de course a été exemplaire !

    1. pas de souci !
      je vous savais bien plus rapides que moi, et ne me rappelant plus de ma mésaventure au 10km du planet jogging que de la longueur de la côte de garde, j’ai préféré géré un poil ;)
      Du coup la casquette jaune fluo s’éloignait inexorablement…

  7. Superbe temps que vous signez là !! Tu t’es offert un lièvre de luxe ce qui t’a bien permis de faire ta course sans te soucier d’autre chose que…
    … de ta course !!
    Bravo à tous les deux !!

  8. Waouwww, super performances! Belle gestion de course, et bravo à ton lièvre. Un lièvre… Cela fait pro ;-)
    Partir avant les élites, c’est exceptionnel, non ? En tout cas, cela devait être chouette.

  9. Un bel esprit d’équipe et des vitesses qui me laissent rêveur..
    Encore Bravo!. Et, quel temps vises tu pour le marathon de Vincennes?
    Bonne récup.

    1. Merci :) Je vais partir sur du 3h30, si j’arrive à retrouver un peu de motivation pour terminer proprement ma préparation. Malgré la bonne course de dimanche j’ai un peu de mal ces derniers temps…

  10. Whaou ! Bravo Philippe !!! Tu vas cartonner le 30 octobre à Vincennes ! J’espère que j’aurai la chance de prendre le départ de cette course l’année prochaine ! Paris-Versailles, je ne connais pas, mais à lire tous vos compte-rendus, je me dis qu’elle devient « incontournable » !
    Bonne préparation pour Vincennes !

    1. Merci. Malheureusement depuis la semaine qui a précédé cette course, moral et physique commencent doucement à vaciller et je n’ai couru qu’une fois depuis. Une sortie longue totalement dénuée de sens dans la chaleur de samedi qui me laisse sans énergie avec un pied en carafe. Mes chances de m’aligner au départ du marathon de Vincennes s’amenuisent de jour en jour. Je suis définitivement l’as du mauvais plan :)

      1. hop hop hop !
        on se remet dans le bon sens, on se soigne un bon coup et on reprend le mauvais plan monsieur Jahom.
        La petite coupure ne change pas grand chose (cf. ta dernière perf sur 10k après 15 joru d’arrêt) et il est normal d’être un peu cuit à l’approche de la fin du plan.
        Il te reste quand même 3 semaines plus une pour faire du jus.
        Accroches toi !

      2. Oui, Julien a raison! Je pense que c’est normal que tu accumules de la fatigue à l’approche du marathon. Il te reste 2 semaines maintenant pour récupérer et arriver sur la ligne de départ frais et prêt. Il n’y a pas de raison que ce marathon se passe mal.
        J’espère que ton moral est revenu. Avec lui, c’est certain tu t’en sors :) Le reste, tu l’as dans les jambes.

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