Plaisir non partagé n’est plaisir qu’à moitié

Courir pour le plaisirCe dimanche 9 décembre, en me réveillant sous un ciel au plafond presque aussi bas que celui de mon appartement, je constatai que j’avais le cerveau embrumé par les mots du poète Herbert (Jawohl meine damen) Léonard qui disait « Pour le plaisir, S’offrir ce qui n’a pas de prix, Un peu de rêve à notre vie« . Comme si j’avais assisté la veille au soir à l’élection de Miss France 2013 alors que non, je m’étais juste contenté (de partager) d’une bouteille de Pinot noir certes issu de la même région que la future lauréate de ce concours qui chaque année s’entrechoque avec un téléthon malheureusement tout aussi vieillissant que lui.

Herbert Léonard aura donc été mon ultime source de motivation, celle qui me souffla à l’oreille que oui, j’étais capable ce matin là de courir cette course de 10 kilomètres organisée par Benoît César  et l’association Courir pour le plaisir, en moins de 38 minutes ! J’étais d’autant plus confiant qu’après un mois d’octobre très studieux en terme de volume, un mois de novembre pas moins sérieux qualitativement et un début de mois de décembre marqué par l’entame d’un plan d’entrainement enfin digne de ce nom, je tenais une forme quasi olympique. Cerise sur le gateau, Florent et son record personnel de 34’39 » sur la distance, m’avait proposé de partager avec moi l’événement en se mettant à mon niveau le temps de cette course. Un acte d’altruisme appréciable dont il est devenu assez familier ces derniers temps avec ses amis coureurs, en attendant de se fixer des objectifs plus personnels. Cette course estampillée courir pour le plaisir s’annonçait donc sous les meilleures auspices, même avec ce plafond bien décidé à rester aussi bas que cette température extérieure hivernale de 2 degrés Celsius.

Parcours

 Il est peu ou prou 10 heures lorsqu’avec mon pacer de luxe nous nous élançons à l’assaut des deux boucles de cinq kilomètres qui composent ce parcours dont l’illustre Allée Royale fait office de point de départ comme de ligne d’arrivée. Il faudra l’emprunter dans son sens faux plat montant à deux reprises. Il va sans dire que le second passage s’annonce comme l’un des moments clés de la course. Mais globalement ce parcours reste aussi plat que la main. Le frein à la réalisation d’un excellent temps provient plutôt de la nature de son revêtement 0% bitume, 80% chemins stabilisés, 20% chemins parsemés de feuilles mortes et décoré de boue. Sans parler des quelques virages glissants et autres relances exigeantes. Une course champêtre en quelque sorte, plus proche du cross que de la corrida par moments.

(c) Michel Richard

(c) Michel Richard

Fervent adepte des départs rapides et du positive split, j’arrive cette fois-ci sur les bons conseils de mon coach à tempérer mes ardeurs pour passer au premier kilomètre en seulement 3’42 » puis en temporisant un peu tôt à mon goût sur le deuxième. Heureusement Florent est là pour m’empêcher de m’endormir et les trois kilomètres suivants sont courus légèrement plus rapidement que l’allure cible de 3’49 ».

Splits

Au début de la seconde boucle, un trio s’est constitué. Un coureur s’est greffé à notre binôme et profite tout autant que moi de l’allure imprimée par Florent, allant même jusqu’à lui faire remarquer lorsqu’il accélère un peu trop (!). Nous laissons quelques plumes et aussi quelques précieuses secondes dans la boue du 8ème kilomètre remuée par le passage du millier de coureurs venus comme nous courir pour le plaisir. Certains virages serrés doivent être négociés avec précaution tant les appuis sont fuyants. Puis il est déjà temps de faire appel aux dernières ressources pour emballer un final au profil légèrement descendant mais au revêtement parfois piégeux. Un dernier kilomètre sérieux, au bout de l’effort, pour ne rien regretter. Dans ces conditions, finir en 38’11 » (à ma montre) à la 26ème place est une réelle satisfaction pour cette fin d’année.

Mais 2012 n’est pas terminée et j’épinglerai un dernier dossard à mon maillot le 30 décembre prochain à l’occasion de la course populaire de la corrida de Houilles. Sur moins de 7 kilomètres mais toujours pour le plaisir.

16 réflexions sur “Plaisir non partagé n’est plaisir qu’à moitié

    1. Je te mets au défi de courir avec une chanson d’herbert léonard dans la tête sans avoir envie de t’endormir pour échapper au supplice :p
      Plus sérieusement on finit bien, je pense que si il y avait eu 10 bornes de plus je passais sous les 1h15′ au semi !

  1. Ah oui, je n’avais pas pris en compte le paramètre Herbert Léonard! :-D
    10 bornes de plus, ça n’aurait fait que 20 bornes ;-)
    C’est quand le prochain semi?

    1. Bien vu ! Le froid aura altéré mes capacités en calcul mental :)
      Prochain semi le jour de celui Paris, probablement pas à Paris. Au coeur de la prépa Marathon…

  2. C’est quand même bien d’avoir un bon lapin !

    Tu n’en parles pas vraiment mais cela semble ta meilleur marque sur cette distance d’après ta page de « chiffres » ?
    Et te voilà avec une bonne base de travail pour ton coach et toi ;)

    1. Bien vu (bis) ! J’ai mis à jour la page des chiffres. Mais ce 37’26 » des foulées du 8ème me turlupine. Vivement que j’efface cette ligne avec un « vrai » record sur 10k en janvier :)

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