20 kilomètres de Paris 2013, plaisir et souffrance

20K_DossardL’époque où j’assenais, sans gêne aucune, des minutes par paquets à mes records personnels des courses sur lesquelles je revenais année après année est bel et bien révolue !

Terminée la progression exponentielle de mes allures, oubliée la chance du débutant qui écrase sa référence précédente parce qu’il s’est mis à aller fractionner sur la piste. Je m’y étais préparé, mais pas suffisamment apparemment si j’en crois la conviction avec laquelle je fais grise mine à l’arrivée de mes courses cette année. Ce fut encore le cas, l’espace de quelques heures, sur cette édition 2013 des 20 kilomètres de Paris.

Comme beaucoup de coureurs parisiens je connais le parcours des 20 kilomètres de Paris dans ses moindres recoins. Je sais où il faut en garder sous la pédale. Je connais aussi les portions  sur lesquelles on peut se livrer sans crainte. Pour ma troisième participation en quatre ans à cette course, j’avais un objectif bien précis en tête. Celui de me glisser sous la barre des 1h20′ sur laquelle j’avais buté l’an passé malgré une belle course dans des conditions météorologiques difficiles. Par chance la pluie diluvienne de 2012 a laissé place cette année à un soleil à peine voilé, accompagné d’une température fraiche à l’heure du départ, mais idéale pour la pratique de la course à pied.

En plus de cette météo favorable, j’ai eu la chance de bénéficier cette année d’un dossard partenaire. En l’occurrence Mizuno, sponsor principal de la course pour la première année. C’est dans le cadre d’un challenge presse que j’ai intégré un team composé de journalistes et de blogueurs équipés pour l’occasion des pieds à la tête par la marque niponne. A mes pieds la dernière nouveauté en date évoquée ici récemment.

20K_TeamMizuno

Une partie du Team Presse Mizuno : Jahom, SebRom, Je cours Paris, Jogin

Peu avant 10 heures, l’heure du départ, l’organisation anarchique des sas nous permet de nous introduire dans le sas préférentiel 1 en lieu et place du sas partenaire situé plus loin en arrière. Sachant que ce sas me revenait de droit compte tenu de ma performance de l’an passé, je me sens à ma place. Je ne connais que trop bien le départ chaotique qui nous attend dans la montée vers le trocadéro pour ne pas apprécier notre présence devant, même en fin de sas « préf 1 ». Une organisation un peu légère qui se confirme lorsque le départ une fois donné, je manque à plusieurs reprises de renverser littéralement des coureurs qui me précèdent et qui n’ont rien à faire là.

Le ton est donné d’entrée et je limite bien les dégâts dans le premier kilomètre. Les deux kilomètres suivants sont avalés à vive allure. Je suis accompagné à ce moment de la course par Pierre, avec qui j’ai partagé les séances mensuelles coachées par Thomas Pigois pour Mizuno ainsi que quelques courses depuis le début de l’année. Nos niveaux assez proches augurent d’une éventuelle collaboration fructueuse sur ces 20 kilomètres. Je décide de faire ma course dans la traversée du bois de Boulogne. L’allure se stabilise, faiblit le temps de remonter l’avenue de l’hippodrome puis s’emballe à nouveau entre la porte d’Auteuil et la descente sur les quais de Seine. Je franchis le dixième kilomètre sur le boulevard Exelmans en 38’58 ».

Capture d’écran 2013-10-13 à 16.56.16

J’ai perdu Pierre de vue, qui doit se trouver à peine quelques secondes derrière moi. Sa présence se confirme lorsqu’il me tape sur l’épaule en revenant à ma hauteur. Nous n’aurons pas le temps d’effectuer plus de quelques centaines de mètres ensemble. Pierre, dans un grand jour, prend la poudre d’escampette ! J’arrive à faire illusion encore trois petits kilomètres avant que mon allure se dégrade définitivement au quatorzième kilomètre, au moment de repasser au niveau du pont d’Iéna où une petite heure plutôt 25 000 coureurs étaient entassés dans l’attente du départ. Je rentre alors en configuration de guerrier, le couteau entre les dents pour ces six derniers kilomètres qui s’annoncent interminables.

Capture d’écran 2013-10-13 à 16.56.36

En arrivant à la hauteur du ravitaillement du quinzième kilomètre, je sais que j’ai toujours un peu d’avance et je commence à croire en mes chances d’atteindre l’objectif que je me suis fixé. Je suis en train d’effectuer quelques calculs mentaux d’apothicaire lorsque je vois surgir devant moi un coureur non identifié tout de noir vêtu. Rapidement je reconnais non pas Zorro mais Jean-Christophe ! Jean-Christophe est l’homme qui a réussi à me faire suivre un plan d’entrainement pour la première fois de ma vie l’hiver dernier, pour préparer le marathon de Paris qu’accessoirement il a couru en 2h38′. Il est également la moitié du duo BabaOrunSur le parcours de son ultime sortie longue avant l’imminent marathon de Toulouse, il est venu m’accompagner sur le dernier quart de la course. Sa présence est réconfortante, il est « facile », me tend son bidon d’eau puis tente de me « tirer » dans son sillage. Je dois m’accrocher pour rester à une allure proche de 15km/h alors que quelques kilomètres plus tôt je virevoltais à 16km/h.

20K_km15

Km 15. Déjà dans le dur. (c) Fatiha Hadad

Le pont royal arrive enfin, au 17ème kilomètre. Les voies sur berge nouvellement aménagées nous ramènent vers le quai Branly, au pied de la tour Eiffel. Ces derniers kilomètres semblent s’étirer à l’infini. Je peine à réunir mes dernières forces pour un pseudo sprint final. Jean-Christophe me crie ses derniers encouragements avant de s’écarter du parcours. J’aperçois le chronomètre officiel qui indique 1h19′ et quelques secondes et me dis qu’au « temps puce » j’ai encore une chance de terminer en 1h18′. J’échoue finalement pour 11 secondes.

20K_Arrivee

Je retrouve Pierre qui a maintenu son effort insensé jusqu’au bout et qui me précède d’une minute pile sur la ligne d’arrivée ! Je le félicite chaleureusement. Mais je n’exulte pas au sujet de ma performance un peu ternie par ces derniers kilomètres difficiles. Je mets plusieurs heures à me satisfaire de ce résultat que j’étais pourtant venu chercher. Depuis quelques mois j’ai de plus en plus de mal à accepter de souffrir quand je cours alors que j’avais jusque là très souvent recherché consciemment cet état un peu second. Mais je reste persuadé que ça reviendra. Il le faudra bien si je veux aller au bout de ma première saintélyon le 8 décembre prochain !

20K_Resultat

5 premiers kilomètres un peu trop rapides

Merci à Mizuno France de m’avoir invité à prendre part à ce « Press Challenge » qui m’aura permis de faire de nouvelles rencontres, de partager quelques séances d’entrainement collectives malgré ma blessure de cet été et de mettre à l’épreuve quelques nouveautés de la marque.

22 réflexions sur “20 kilomètres de Paris 2013, plaisir et souffrance

  1. Merci. Je suis clairement parti trop vite. C’est systématique dans ces grandes courses de masse où j’essaie de m’extirper de la foule. Ça bien fonctionné, même un peu trop. Du coup dès le km7 ou 8 je sais que ça va être difficile à un moment ou à un autre :)

    1. J’avoue ça peut paraitre parfois exagéré. J’aimerais toujours aller plus vite, parfois au détriment du jeu. Le jour où je donnerai l’impression de ne plus me faire plaisir, il ne faudra pas hésiter à m’engueuler !

  2. Ton intro nous rappelle la triste réalité que nous essayons de changer.
    Je me console en me disant que j’ai commencé la course à pieds très tard et que ma marge de progression est de fait devant moi. Même si ça va vite finir par se compter en secondes plutôt qu’en minutes ;)
    Mais comme on ne sera jamais sur le podium, je me satisfait de finir en ayant donné le meilleur. Quelque soit le gain.

    Au final, tu as atteins ton objectif quand même (et battre un RP en se baladant, c’est un signe que le RP datais trop) et tu as réussi à bien te rentrer dedans. ça me parait être aussi un bon entrainement pour la suite ;)

    1. J’ai couru ma toute première course à l’occasion du semi-marathon de Paris en 2009. Je filais sur mes 35 ans et j’ai bouclé la distance en 1h48′, très fier de moi ! Je pense que ma marge de progression est minime aujourd’hui. Je vais m’y habituer :)

  3. C’est plutôt pas si mal si on prend en compte le fait que tu as été blessé cet été! Bien sûr tu es revenu en forme mais il y a quand même un trou de quelques semaines dans ton planning d’entrainements et on sait bien que la meilleure façon de progresser, est d’être consistant dans son entrainement et donc d’avoir que des pauses volontaires, de quelques jours pour recharger les batteries!
    Salut et bon courage pour la sainté et toute la prépa qui va avec ;-)

    1. Merci Fred. Il vrai que cet été, en plein mois de juillet quand j’enchainais les longueurs de piscine, je n’imaginais pas une seule seconde repartir avec ce chrono là à la mi octobre. En plus de me guérir, cette coupure forcée m’a fait du bien je crois.

  4. Je ne vois pas oú est le problème ?
    1h19 c’est un bon chrono surtout pour l’âge.

    J’ai 29ans et j’ai terminé à 1h22 mon 1er semi. J’en ai vraiment bavé aux 5 derniers km. Il faut dire, que mon entrainement, n’était pas vraiment structuré, pas d’entrainements en côtes, par exemple.

    Je ne me ferais pas avoir pour le prochain 10km du 1er decembre.

    1. Il n’y a aucun problème :) Juste un petit caprices et quelques interrogations introspectives que j’étale ici à demi mots. Bravo à toi pour ton semi marathon prometteur ;)

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