Trail des hauts forts 2014

affiche-trail-hauts-forts-morzine-avoriazUne fois de plus cette année je me suis retrouvé engagé de quasi dernière minute au départ d’une course. Mais cette fois-ci je ne faisais pas le fier puisque je me suis attaqué samedi matin au premier véritable trail de ma carrière de coureur de sentiers et autres single tracks.

J’ai en effet profité d’une visite presque impromptue chez mes parents en séjour dans la station d’Avoriaz, que j’ai beaucoup fréquentée l’hiver dans les années 80 et 90, pour prendre un dossard, encouragé par la présence de mon compère de la Runnosphère Johan, alias Dose de Trail et aussi par des prévisions météorologiques plutôt optimistes après une semaine très arrosée.

Compte tenu du néant de ma préparation spécifique et de mon inexpérience totale de la course en haute altitude (un passage à plus de 2200 mètres est proposé aux coureurs) j’ai logiquement jeté mon innocent dévolu sur la version 23km/1800D+. (Le parcours long offrant 43km/3200D+)

Ce trail des hauts-forts  tombe à point nommé pour me faire oublier ma récente mésaventure aixoise (les bains). Invité il y a un mois par Hoka One One à participer en compagnie d’autres blogueurs et journalistes à la première édition de l’interlac trail, j’avais dû jeter l’éponge avant même le départ en raison d’un léger malaise la veille de la course.

C’est fièrement chaussé de mes Rapa Nui qui ont parcouru 8 kilomètres dans les allées du parc parisien des buttes Chaumont que je rejoins Johan, en vacances en famille dans la station, et qui a eu la gentillesse de me proposer de monter dans sa voiture pour rejoindre la vallée et l’office de tourisme de Morzine d’où le départ sera donné. Les prévisions météo n’ont pas menti, il fait beau. Mais froid. 2°C à 1800 mètres. Les 7°C affichés 800 mètres plus bas m’encouragent à prendre le départ en tee-shirt avec des manchettes. Nous nous échauffons en compagnie de Guillaume, un blogueur parisien venu lui aussi se mesurer aux Alpes du nord. Le départ est imminent.

jahom_trail_hautsforts_2014

La moquette avant la boue

Un peu plus de 300 coureurs se massent derrière la ligne, impatients d’en découdre. J’ai l’impression de partir dans l’inconnu même si j’ai amassé un maximum d’informations auprès de Johan qui a déjà participé à ce trail. Il y a déjà plusieurs années que je ne suis plus venu me balader en montagne et arrivé depuis moins de 24 heures, je crains les effets de l’altitude sur mon organisme.

Où est Charlie ?

Où est Charlie ?

À défaut d’information sur ma fréquence cardiaque, je décide de gérer ce début de course en me basant sur mon essoufflement et en veillant attentivement à ne pas cracher mes poumons d’entrée de jeu. Je sais que je vais avoir besoin d’eux pour me hisser jusqu’au point culminant du tracé. Selon Johan le début de course est roulant mais nous prenons tout de même 200m de D+ sur les 3 premiers kilomètres. Mes Rapa Nui font merveille sur ce terrain difficile, mélange de cailloux et de passages boueux. Je suis habitué à avoir très peu de matière sous les pieds et pourtant je m’accomode fort bien de leurs semelles oversize. Le drop de 5mm est pour moi une routine et la géométrie de la chaussure se marie bien avec ma foulée portée sur le médio pied.

Jusqu’ici je gère correctement l’effort et garde en mémoire le conseil de Johan qui m’a exhorté à rester sur la réserve jusqu’au ravitaillement du lac des mines d’or situé au 14ème kilomètre. Une première vraie montée de 4 kilomètres et un passage à 1600 mètres au 9ème kilomètre constituent une bonne répétition pour la suite des événements ! Je négocie habilement cette première difficulté et reste en compagnie de quelques coureurs qui évoluent tous sensiblement à la même allure. Malheureusement la descente qui suit me permet de vérifier que mes qualités dans cette discipline restent faiblardes…Elles m’avaient déjà contraint à laisser filer mes compères Greg et Julien lors de la dernière saintélyon !
Je perds à nouveau le contact avec les coureurs que j’accompagnais malgré le bon comportement de mes chaussures qui se jouent du terrain dans les portions descendantes. Malheureusement c’est leur pilote qui n’est pas à la hauteur.

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Tu montes chéri ?

En bas de la descente, je m’arrête à peine 30 secondes pour me ravitailler en eau et repars illico à l’assaut du plat de résistance, entendez par là une grimpette de 800 mètres en moins de 5 kilomètres. J’ai l’impression de ne pas en voir le bout. Cailloux, boue, je ne suis pas dans les choux, je n’ai pas mal aux genoux mais qu’on en finisse ! De dévers herbeux glissants qui sollicitent les chevilles en lacets interminables qui me laissent apercevoir des coureurs au-dessus de ma tête à perte de vue, je m’impatiente ! J’ai envie de courir !! Dans l’intensité de l’effort j’ai à peine le temps de profiter du paysage pourtant magnifique par moments.

Progressivement le brouillard fait son apparition et la température chute tandis que nous prenons de l’altitude. Paradoxalement tout ceci me rassure, me laisse penser que nous allons bientôt basculer et retrouver les pistes de ski de ma jeunesse pour redescendre sur Avoriaz. Au passage du col du Fornet (2220m), des bénévoles frigorifiés ont la lourde mission de gérer la table du ravitaillement. Le temps d’avaler une moitié de gobelet de coca-cola et je me lance dans la descente. Il reste 4 ou 5 kilomètres, j’ai les jambes lourdes et manque de me tordre violemment la cheville. Rapidement la descente devient très technique et étroite. Je suis contraint de laisser passer quelques coureurs plus rapides que moi. Ce passage m’épuise, je suis crispé sur des cuisses déjà fatiguées auxquelles j’ai l’impression d’infliger une séance de Compex, ça picote !

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Les premiers du 43km dans l’ascension du col de Fornet

Je pousse un ouf de soulagement quand la pente s’adoucit enfin et que je peux dérouler ma foulée. Plusieurs hectomètres courus à plus de 13km/h le long du lac d’Avoriaz me détendent les quadriceps et me permettent de reprendre les coureurs qui descendaient mieux que moi. Je me méfie cependant du dernier kilomètre dans la station qui remonte  pour en atteindre le centre et qui fait mal. À 400 mètres de l’arrivée une dernière pente oblige à marcher. Un ultime effort et c’est fait, j’ai modestement vaincu les montagnes. Ma montre indique 3h, je suis agréablement surpris. Je suis en fait crédité d’un temps de 3h10′ et d’une centième place (23ème V1). Je reste dans l’aire d’arrivée pour attendre Johan et recueillir ses impressions. Il boucle le parcours une vingtaine de minutes après moi.

TrailHautsForts2014

A quelques mètres du col de Fornet – 2200m

Pour un premier contact avec la montagne (si l’on excepte la montée sèche du mont Ventoux), ce résultat est plutôt satisfaisant mais je dois avouer que j’ai du mal à savoir si j’ai réellement apprécié ces très longues minutes de marche dans les montées. Affaire à suivre…

Matériel utilisé sur cette épreuve :

Chaussures : Hoka One Onemodèle Rapa Nui Trail
J’ai conscience qu’il était un peu osé de partir sur ce type de course avec une paire de chaussures à peine sortie de sa boîte mais je suis coutumier du fait. J’ai largement apprécié leur confort et même leur maniabilité tandis que leur dynamisme s’est révélé bien suffisant pour l’exercice demandé.

Le cuissard Compressport Trail a confirmé ses qualités d’excellent produit. Le tee-shirt de compression de la même marque m’a assuré un excellent maintien du haut du corps tout au long de la course

Mon sac Raidlight Olmo 5l continue à me donner entière satisfaction après les services qu’il m’a déjà rendus sur un éco-trail de Paris, une Saintélyon et un Trail Yonne

11 réflexions sur “Trail des hauts forts 2014

  1. Je partage ton impression sur la marche, c’est un sentiment qui m’a longtemps perturbé pour moi qui vient de l’athlétisme mais on s’y fait et c’est aussi un mode de gestion de l’effort.
    Bravo car ce parcours n’est pas facile du tout !

    1. Entrer dans un « état méditatif » pendant l’ascension d’un col, même en marchant me parait pour l’instant assez compliqué. Trop besoin de concentration sur l’effort à fournir. ça doit sûrement se mériter pour y arriver :)

  2. C’est quand-même marrant cette histoire de marche en montée qui perturbe les coureurs. Je crois pas avoir une fois eu ce sentiment.
    Peut-être que c’est parce que j’ai pas votre vitesse de base, mais aussi je « pense » plus en niveau d’effort. Quel que soit la pente ;)

        1. ah ok. bon. l’explication n’est donc pas là. c’est peut être alors parce que j’ai l’impression qu’en marchant je vais me faire rattraper et dépasser par tout le monde :)

  3. Kilian lui il a resolut ce soucis de marche, il court tout le temps quelque soit la pente :) En tout cas bravo pour ta course, pour une première sans prepa spécifique ca te laisse de quoi jouer. L’année prochaine revanche sur le 40km avec fabrice et damien ? :-)

    1. Figure toi que pour mon premier trail j’avais voulu faire comme KJ mais j’ai vite déchanté :)
      L’année prochaine c’est loin mais je serais très fier de venir à bout du grand parcours !

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