Free to run, « jette ta montre »

« Jette ta montre ! » Voici quelques uns des derniers mots du film free to run, qui sortira sur les écrans de cinéma le 13 avril prochain. Pardon pour ce vilain spoil, si tant est qu’il soit possible de spoiler un documentaire qui retrace quelques bribes de l’histoire de la course à pied depuis les années soixante, qui par définition est figée pour l’éternité.

FREE_TO_RUN

C’est Pierre Morath, suisse de son état, ancien sportif de haut niveau, journaliste et historien du sport, qui signe ce documentaire à base d’images d’archives et d’interviews de personnages qui ont marqué l’histoire de la course à pied.
Pierre Morath a mis des années à rassembler, à visionner et à lire tout ce qu’il était possible de trouver sur le sujet avant de trouver ses fils conducteurs et les personnages centraux sur lesquels son film s’appuie. Il est évidemment impossible d’être exhaustif en une heure et quarante minutes !

Pourquoi_Pas_Les_Femmes

C’est donc à travers le combat de Kathrine Switzer pour l’émancipation des femmes dans la course à pied, en narrant le destin tragique de Steve Prefontaine et ou en évoquant le parcours de Fred Lebow et l’essor incroyable du marathon de New York dont 55 coureurs seulement ont franchi la ligne d’arrivée de la première édition en 1970 que Pierre Morath nous embarque avec lui dans ce voyage tour à tour étonnant, surprenant, émouvant et inspirant.

Fred_Lebow

Sans oublier bien sûr Noël Tamini, le sémillant créateur de la revue suisse Spiridon à tendance révolutionnaire créée en 1972 et qui a longtemps lutté pour le développement de la course hors stade.

Le film est parsemé de moments à forte intensité émotionnelle comme cette arrivée victorieuse de l’américaine Joan Benoit au premier marathon olympique féminin organisé à l’occasion des jeux de Los Angeles en 1984. Les clameurs des 90.000 spectateurs du stade sont phénoménales. À cette époque les femmes ne couraient toujours pas le 10.000 mètres aux jeux olympiques !

Ou encore ce retour sur la carrière de Steve Prefontaine, coureur de fond et de demi-fond spectaculaire, rebelle au cheveu long et à la moustache fournie qui a fièrement lutté pour s’imposer en porte parole des athlètes et s’opposer aux conditions financières difficiles imposées aux coureurs par leur fédération. Sa disparition tragique à l’âge de 24 ans en 1975 a contribué à faire de lui un mythe de l’athlétisme américain.

Steve_Prefontaine

Je n’en dirai évidemment pas plus sur le film lui-même et vous encourage à aller le voir à sa sortie en salle. Étrangement il a réussi sur moi la prouesse de me procurer l’envie d’un retour aux sources de la course à pied pratiquée dans sa plus simple expression et de renforcer à la fois mon désir d’aller découvrir un jour le marathon de New York, cette machine devenue presque incontrôlable comme en témoigne l’épisode Sandy de 2012 qui semble avoir mis en évidence le fossé qui sépare les pratiquants suréquipés de ceux qui ne peuvent pas s’offrir le droit de prendre le départ de cette course. Et quand on sait que le revenu annuel moyen des participants américains est de 110.000$ on reste songeur.

Free to run – sortie 13 avril 2016 – 100 minutes

3 réflexions sur “Free to run, « jette ta montre »

  1. Ne jette pas ta montre trop loin quand même… Surtout avec Garmin comme mécène officiel du documentaire (en bas à gauche sur l’affiche) :-)

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